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 L'histoire d'une photo (Histoire Complète)

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Alex

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MessageSujet: L'histoire d'une photo (Histoire Complète)   Mar 8 Jan - 0:59

Tant de souvenirs relégués au fond d’un placard. Tant de souvenirs grignotés par le temps, autant dans la tête des gens que dans les albums où se racornissent et finissent par pourrir les images de leur passé. Parfois triste, parfois heureux, c’était tout ces moments qui faisaient l’être que tant de personne croisait dans la rue, le matin, en allant travailler. Peut-être était-ce aussi cette personne qui faisait ces moments ? Un peu des deux, sûrement. Mais c’est en regardant ces photos, ces images oubliées, que les souvenirs reviennent. Une photo peut raconter beaucoup de chose. Il suffit qu’un regard se pose dessus pour que cette histoire prenne vie. Ensuite, réalité ou fiction ? Fantasme ou réel ? Qui s’en soucie ? Comme disait Napoléon premier « L’histoire n’est qu’un fable sur laquelle tout le monde est d’accord ». Alors qu’importe ? Des mensonges bien plus grossiers ont été inventés pour couvrir les pires atrocités, alors pourquoi ne pas rêver un petit peu ? Rendre ses souvenirs plus nets et plus éclairés grâce à un flash ? Pourquoi ne pas réanimer ces photos, leur donner une histoire propre, dérivant peut-être certes un peu de la réalité, mais une histoire bien à elle, qui lui donne une vie propre, un peu comme une personne réelle. Pourquoi, dans son imagination, ne pas faire s’animer les petits personnages à jamais immobiles sur le papier ?
Cette photo, par exemple, qu’une main aux montagnes bleuies par le temps venait de découvrir dans le tas de poussière. La photo de souleva dans les airs, des grappes de poussière grises et compacts s’en détachant. Puis, l’image se posa sur une table de bois sombre. Le contraste était frappant entre les couleurs pâlies par le temps de la photo, et la couleur presque noir de la table. La main creusée par les veines saillantes sur la peau caressa les petits personnages, et la machine se mit en route.

-Souriez !
Le cri était venu à l’improviste, et Eric n’eut que le temps de tourner la tête vers l’objectif, et de sourire, quand au moment où l’appareil se déclancha, et une jeune femme vint se cogner contre son poitrail. L’image en résultant était plutôt amusante. L’homme, d’un teint mat, commençait à tomber en arrière, son sourire encore figé sur ses lèvres, mais son œil gauche s’étant fermé sous le choc. La femme, elle, semblait totalement prise au dépourvu. Même si ses lunettes de soleil empêchaient d’apercevoir ses yeux, tout sur son visage dépeignait la surprise, et un sac de commissions pointait le bout de son angle dans le champ de l’appareil.
Eric finit par terre, s’étalant lourdement de tout son long, tandis qu’un sac remplit de petites bouteilles de lait explosait à côté de lui. Sa chemise marron sans manche fut trempé par le liquide blanc tandis qu’un autre sac, en s’envolant dans les airs, renversait sur lui son contenu de fruits et légumes divers et variés. Ce fut quand il tentait de se relever que la dernière pomme du dernier sac du dernier vol lui tomba sur la tête. Quelque peu sonné, il préférait se recoucher. Il entendait pourtant très bien le photographe éclater de rire, et sa voix, sa voix même qui lançait des grognements énervés. Non, ça ne s’était pas passer comme ça.
Non, en effet Eric n’avait jamais reçu une pomme sur la tête et n’avait pas fini dans la cuisine de la jeune femme à se faire soigner par cette dernière. Mais ces images, bien que fausse, regorgeaient d’espoir et de vie. Il ne s’était peut-être jamais excusé auprès de la femme dont il étais pourtant tombé si éperdument amoureux. Non, jamais tout cela ne s’était produit, sauf dans la tête du vieillard. Mais que cela importait-il ? Emporter dans son rêve, il se laissait tranquillement bercé par les baisers de sa bien-aimée.

Une autre photo, une autre histoire. Peut-être elle aussi inventée ? Sûrement. Mais ses rêves qui faisait vibrer le vieillard de sentiment qui ne l’avait plus habité depuis un moment prenaient place dans sa tête, comme de vrais souvenirs, et apaisant sa chétive personne, aux portes de la mort.

Quelle chaleur étouffante ! Le pauvre photographe transpirait de grosses gouttes de sueur, tout en prenant en photo un nouveau client. L’homme semblait avoir une trentaine d’années, et son teint naturellement foncé avait encore pris de la noirceur sous le chaud soleil d’Égypte. L’homme, si jeune pourtant, avait déjà les traits las de l’homme aigri par la vie. Peut-être n’avait-il jamais eu quelqu’un pour l’aimer, peut-être que ce bonheur ne l’avait jamais effleuré ? Mais non, une belle femme brune venait de s’élancer à son cou, et le visage de l’homme s’éclaira soudain.
Oui, Eric lui aussi avait eu droit à ce bonheur. Il avait rencontré cette femme dans une rue, dix ans plus tôt, et ils avaient échangés leurs premiers baisers le soir même, riant déjà de leur mésaventure de la matinée. Oui, Eric avait une fiancée, Johanna, et il en était heureux. Cela alimentait sa vie, éclaircissait ses idées. Il avait enfin une autre personne à laquelle penser. Les deux personnages, enlacés, quittèrent les couleurs pâles du cadre de la photo pour aller dans l’esprit coloré du vieux-jeune homme qui inventait leurs aventures. Maintenant, tout était à sa portée, il pouvait faire ce qu’il voulait. Absolument tout ce qu’il souhaitait, et même des sacrifices, pour relancer un peu l’histoire.

La pluie, il la ressentait comme si il y était. La couleur du cimetière avoisinant n’avait rien de pâle, et la mousse poussant sur les tombes avait rarement étaient aussi verte.
Et le cercueil, que cinq hommes portaient à bout de bras, n’avait jamais était aussi marron.
Johanna reposait maintenant dans sa dernière demeure. Elle en avait vécu des choses, dans des lieux colorés, avec des histoires incroyables. Ils en avaient combattus ensemble, du monde. Tournoyant, et envoyant à terre leurs ennemis tout en s’embrassant, peu de personnes pouvait s’en vanter ! Mais la voilà maintenant sur le chemin du trou dans lequel elle allait disparaître. La tristesse du vieil homme, ainsi que celle de l’homme au teint mat d’environ trente ans, était réelle aussi.
Mais ce n’était qu’une étape à franchir, et il suffisait d’un nouveau décor, de nouvelles personnes pour relancer l’intrigue.
Avec une légère grimace, le vieil homme se pencha sur le côté, et d’une main rendue tremblante par la tristesse, souleva une nouvelle photo, qui serait le départ d’une nouvelle aventure.


Dernière édition par le Lun 14 Jan - 22:58, édité 1 fois
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Alex

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MessageSujet: Re: L'histoire d'une photo (Histoire Complète)   Sam 12 Jan - 1:32

La poussière fut encore soufflée, dévoilant une autre image, faisant remonter à la surface de nouveaux souvenirs, et allant en créer d’autres. La photo représentait un jeune couple sur l’hôtel d’un mariage. La mariée, dans sa longue robe blanche, resplendissait de joie, tandis que le marié, dans une tunique plutôt peu appropriée qui consistait en une tenue par balle sur laquelle était passée une petite chemise noire, qui, ouverte sur le haut, laisser apercevoir le « li » de « police ». De dos, environ vers le milieu de l’église, on apercevait un homme au teint mat. Son attitude était inexpressive, bien qu’il se tenait raide sur son banc. Il ne participait visiblement pas au bonheur de toute la petite troupe l’entourant.
Il regardait le couple sur le point de se marier, une expression dure inscrite sur son visage qu’il essayait tant bien que mal de rendre impassible. Il avait envie d’intervenir, mais se retenait. La pudeur, sûrement. Puis, toute cette église, en ces couleurs pâlichonnes, regorgeait de personnes anonymes, un sourire béat inscrit sur leur visage. Il les détestait. Tous. Surtout l’autre olibrius, qui se croyait impressionnant dans sa tenue par balle. Tout ceci était pitoyable. Et elle qui ne se doutait de rien. Pauvre naïve.
Le prêtre tourna une page de sa bible. Il avait, sur la poitrine, un endroit de ses vêtements particulièrement décoloré, un peu comme sur une photo.
-… qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.
Silence pesant. Personne ne pensait que quelqu’un allait interrompre la cérémonie, mais la tache sur la tunique du prêtre avait disparue. Les couleurs de l’église étaient maintenant vives, et Eric se leva du banc. Tout les visages, qui n’étaient maintenant pas le moins du monde anonymes et affichaient leur révolte, se tournèrent vers lui. Ce fut en dévisageant chacune des personnes présentes qu’il s’avança vers le marié, qui prenait alors une mine mi-surprise, mi-scandalisée qui était carrément ridicule. Personne n’osait respirer, et seul les petits frottements des chaussures d’Eric sur le tapis déployé pour la cérémonie se faisaient entendre. Enfin, jusqu’à ce que le poing du perturbateur ne s’écrase bruyamment dans le nez du marié qui en tomba à la renverse. Le prêtre, visiblement scandalisé, était tellement pétrifié par l’action que ses seuls gestes furent de lâcher sa bible, et de laisser lamentablement pendouiller sa mâchoire inférieure. Elisabeth, la mariée, elle aussi laissait sa surprise se peindre sur son visage. Eric, passant ses bras sous ses genoux et derrière son dos la souleva en lui prononçant ses paroles :
-Tu ne sauras jamais à ce que tu as échappé.
Enfin, si elle le sait, mais dans une autre version de l’histoire, voir carrément dans un autre monde. Dans cet autre monde, Elisabeth avait bien dû endurer les humiliations puis les coups de son mari avant de se jeter sous les roues de la voiture de ce dernier, qui l’avait écrasée sans même s’arrêter. Pour dire à quel point ce policier était devenu fou à la longue d’en côtoyer d’autres qui l’étaient autant que lui. Et puis, dans cet autre monde, on ne l’aurait sûrement pas laissé partir comme ça, la mariée dans les bras, et cet air de défi dans les yeux. Dans cet autre monde, la police aurait bien tôt eut fait de rappliquer.
Mais ce n’était qu’un autre monde, indépendant du monde où Eric et Elisabeth vivaient maintenant leurs incroyables aventures digne d’un conte de fée.
Ou digne de l’esprit d’un vieillard agrémentant de souvenirs heureux sa vieille carcasse.
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Alex

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MessageSujet: Re: L'histoire d'une photo (Histoire Complète)   Lun 14 Jan - 22:56

Les photos s’éparpillèrent sur le sol. Le vieillard n’en avait de toute façon plus besoin. Dans sa tête se déroulaient maintenant, sans plus aucun support, les histoires les plus rocambolesques imaginables. Il se laissait aller tranquillement sur son dossier, regardant fixement le plafond sans le voir pour autant. C’est une deuxième vie qu’il se faisait là, sans pour autant oublier la première. Deux branches de souvenirs parallèles pour se joindre en la vérité présente. En effet, ces deux histoires avaient la même fin, et cette fin ne saurait tarder. Déjà,n les premiers problèmes respiratoires secouaient l’homme.

Eric s’apprêtait à traverser la rue. Poursuivi par des hommes en tenue sombre, il sauta par-dessus la voiture qui aurait pu lui rouler dessus et s’élança à travers le carrefour. Le temps était compté, ce serait bientôt la fin. Il ne savait pas bien de quoi, mais il avait ce sentiment au fond de lui. Soudain, un klaxon sur sa droite. Quand il se tourne vers l’origine du bruit, c’est un dix tonnes qui roule droit vers lui. Le poids lourd ne peut effectuer aucune manœuvre pour l’éviter, et la peur est gravée sur le visage déjà visible du conducteur. Mais c’est avec souplesse qu’il saute sur le côté, grimpant sur le capot d’une voiture. Les images tristes et pâles d’un hôpital s’éloignent, ainsi que l’impression horrible de ne plus sentir ces jambes. Mais cette impression passe, et ce sont ses ennemis qui, sous les roues des chauffards, trépassent à sa place.

Non, en effet, cet Eric là ne se fera jamais renversé. Il avait une vie bien trop pleine pour se permettre ce genre d’accident ! Et même si le vieillard, lui, se trouvait en ce moment même dans un fauteuil roulant, ce n’était que parce que ces activités mouvementées avaient abîmés ses genoux plus vite que la moyenne. Enfin, pour ce qui était du vieillard qui imaginait ces histoires. L’autre, tapi, avait bien été renversé, et n’avait jamais été marié, mais le récit des histoires de son clone lui remontait le moral, lui faisait oublier son histoire, ou juste en atténuait les souffrances.
Maintenant, le vieillard avait fermé les yeux, et sa tête était tournée sur le côté. Le bruit de sa respiration difficile se faisait terriblement entendre.

Eric prenait sa retraite. Il était temps ! A cinquante ans, la menace d’un fauteuil roulant pesait déjà sur son esprit. Sa vie n’avait pas été des plus calmes, et c’était avec calme qu’il prévoyait finir ses jours, seul, dans cette petite ville. Il n’aurait pas de petits enfants lui rendant visite de temps à autre. Mais il s’en fichait. Avec un sourire et une démarche déjà mal assurée, il se dirigea vers sa nouvelle vie.

D’une voix rauque et presque incompréhensible, il récitait son adresse à la femme des urgences. Il n’avait pas appelé une ambulance pour le sauver, non, il était déjà trop tard, mais il ne voulait pas que son cadavre pourrisse là. Il l’attendit pourtant. Il ne cherchait plus à repousser son « double », il savait maintenant que de toute façon, il n’avait pas de double, les deux c’était lui, mais avec ses histoires inventées, il aurait vraiment voulu n’être que cet Eric là.
Mais il ne l’était pas. Sa vraie vie avait été monotone, triste, et il l’avait, de surcroît, vécue seul. Pas vraiment de quoi décrocher un prix quelconque ! Mais il acceptait maintenant. Ses rêves, même inventait, lui avait permis de s’évader, de ressentir d’autres choses, et surtout, de découvrir d’autres choses. C’était cela qu’il regrettait le plus dans sa vieillesse : ne plus rien découvrir d’autre que le nouveau caniche de la voisine d’en face parce que l’ancien s’était fait écraser par le nouveau 4x4 du voisin de gauche.
L’ambulance arrive. Le vieillard est emporté sur un brancard. Dans son esprit, les souvenirs cohabitent, et ils ne regrettent plus rien maintenant. Il allait mourir.
« Les lumières dansent dans l’ambulance » chantait Téléphone dans l’un de leurs tubes. « Mais cela n’a plus d’importance ! » Il part. Eric Georgian meurt, à tout jamais.
« Fin de l’histoire » chantait le même groupe à la fin de la chanson.

Le mot de la fin :

Cette histoire je l’ai écrite un peu sur un coup de tête. Je n’ai pas prévu de moral précise, et il n’y a pas vraiment d’objectif, même pas celui de toucher (vous voyez, je peux varier, de temps à autres !) Bon, tout ça pour dire que c’est une histoire comme ça, sans but précis. Bon, elle est courte, mais j’étais pas très en forme, aussi… (j’ai des excuses, je vous jure…)
et comme d'habitude, votre avis m'intéresse: qu'est-ce que vous avez epnser de cette courte histoire?
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