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 Mourir ou survivre (histoire incomplète)

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Alex

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Masculin Nombre de messages : 56
Age : 25
Date d'inscription : 21/12/2007

MessageSujet: Mourir ou survivre (histoire incomplète)   Mar 29 Avr - 20:29

Je n’ai personne à qui parler. Je n’ai personne à qui me confier. Je n’ai que ce bout de papier, que je vois mal au travers de mes larmes. Je n’ai que ce bout de papier pour exprimer toute ma souffrance, toute ma détresse. Je ne sais pas qui trouvera cette lettre, ni ce qu’il en fera, mais j’ai besoin de m’exprimer, de rejeter ce que j’ai au fond de moi.
Cette affaire rejette ce que je suis, elle ne s’occupe pas de moi. Elle ne s’occupe que des morts, mais oublie-t-on que moi aussi, je suis morte, dans un sens ? Oublie-t-on que quand le mort passe aussi près d’une personne, elle y laisse forcément sa signature ? Je ne suis plus moi. Je ne sais plus qui je suis. La seule survivante du meurtre d’une famille heureuse et sans histoire, peut-être ? Celle qui aura appuyé la dernière sur la détente… ?
En tout cas, c’est ce que je suis pour vous, médias, grand public. Une bête de foire. Une bête de foire enfermée dans une cage qui n’est autre que son propre corps. Oui, vous oubliez qui je suis, en même temps que vous me faites l’oublier. Pouvez-vous seulement imaginer ce que je ressens ? Essayez-vous ? Est-ce que vous avez essayé de comprendre l’horreur, la terreur que je ressentais ? Entendez-vous, chaque nuit, le bruit de Ses pas ? Ou encore les cris de votre mère à l’agonie ?
Ces images déferlent encore dans mon crâne, sans que je puisse les arrêter. Non, je ne veux plus pleurer. Je ne veux pas pleurer, en revoyant ces images d’une cruelle précision.
Vous n’arrêtez pas de me poser des questions sur cette nuit là, vous voulez connaître les détails que je revoie sans arrêt dans ma tête, mais je ne vous les donne pas. Vos yeux, ne voulant entendre de ma bouche du sensationnel, une histoire de meurtre bien morbide, me gênaient. Je ne veux pas être le dindon de la farce, mais tout m’y pousse.
Bien, vous voulez du sensationnel, du morbide, du gore, à raconter dans vos journaux ?
Accrochez-vous.
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Alex

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Masculin Nombre de messages : 56
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MessageSujet: Re: Mourir ou survivre (histoire incomplète)   Mer 30 Avr - 14:54

Je ne vais pas faire dans la dentelle, non, les mots que je vais employer seront durs, mais ce sera l’exacte vérité. Une vérité horrible, pesante, mais ce sera la vérité.
La soirée était belle, et je voyais le soleil se coucher derrière les montagnes. Il éclairait d’une couleur orange toute la forêt que j’avais en face de la grande maison familiale. Oui, mes parents étaient riches, et nous avions le privilège d’habiter dans un petit coin de paradis, perdu en forêt. Enfin, un petit coin de paradis… La seule idée d’y retourner, et de voir les tâches de sang sur le sol de la cuisine me terrifie. En tout cas, mon père et ma mère prenait un verre avec mon oncle, du côté de mon père. Je les entendais rire, tous trois.
Je me suis alors levée du mon siège, et je suis passée dans la petite salle de bain, remettre en place mes longs cheveux marrons que je tiens de ma mère. J’étais un peu déprimée, mon petit copain m’avait quittée, ce matin. Oh, je savais bien sûr, que ce n’était pas la mort, mais cela fait tout de même quelque chose.
Quoi qu’il en soit, on m’appela bien vite pour passer à table. J’essayais de sourire tant bien que mal aux blagues de mes parents, qui commençaient à devenir joyeux. Derrière la vitre, la nuit était tombée, puis nous débarrassions la table, aussi vite qu’on l’avait mise. Après nous avoir un peu aidés, mon oncle se décida à partir. Je me souviens très bien qu’il m’a fait la bise en dernier, tout en glissant un petit billet dans ma poche. « Pour te remonter le moral », m’avait-il soufflé dans l’oreille.
L’intention était très gentille, et je le remerciais d’un sourire. Il fut ensuite temps pour lui de regagner sa voiture. Quand il fut parti, moi et ma mère nous remirent à ranger la vaisselle, mais soudain, il y eut une détonation. Je lâchais les assiettes que j’avais entre les mains, puis mon sang se glaça. Et ce n’est presque pas une expression : je sentais vraiment mon corps se refroidir tandis que l’adrénaline me donnait une secousse au cerveau, me faisait réagir par réflexe. Je courus alors dans le vestibule.
La porte s’ouvrit d’un coup, et mon père, qui venait d’arriver du salon, me protégea de son bras. Mais ce fut mon oncle qui rentra.
Son cou était presque entièrement sectionné, et il essayait vainement d’arrêter l’hémorragie. Il tenta de nous appeler à l’aide, mais seuls des gargouillis immondes sortirent de sa bouche, tandis que je liquéfiais sur place. L’horreur me prenait dans son étau, et je n’avais plus la force de faire un seul geste. J’étais anesthésiée, tandis que je voyais mon oncle mourir à quelques mètres de moi, allongé sur le sol, se vidant de son sang. Puis, il y eut une seconde détonation, que j’entendis à peine. Mon père se retrouva propulsé en arrière, tandis que son sang me giclait au visage.
Il avait un trou énorme dans la poitrine, et je me mis par instinct, tandis que l’horreur et la terreur se mêlaient dans un cocktail atroce, à m’accrocher à sa main. La porte commença à s’ouvrir, et je pus qu’assister, impuissante, à son ouverture, lorsque les bras de ma mère s’accrochèrent à moi, et me tirèrent en arrière, vers la cuisine. Toujours accrochée à mon père, celui-ci nous suivit, laissant derrière lui une traînée de sang qui augmenta encore mon angoisse.
Enfin arrivés dans la cuisine, ma mère me lâcha, pour barricader la porte, me laissant ainsi seule aux côtés de mon père agonisant. Il poussait des râles rauques et effrayants, et je ne pouvais m’empêcher de trembler de toutes mes forces. Ma vue était brouillée de larmes, et je ne parvenais qu’à gémir. Puis, il y eut encore une détonation. Mes sentiments me rendaient quasiment inconsciente, et je ne m’en rendais presque pas compte. J’étais en train de quitter la réalité, tandis que mon père poussait son dernier souffle.
Il y eut de grands coups portés sur la porte, puis elle s’ouvrit. L’homme entra, me dominant de toute sa taille, et m’envoya un coup de pied en plein visage. Je basculais en arrière, puis me releva difficilement.
Debout, en face de lui, j’avais les jambes qui flageolaient. Mes vêtements étaient maculés du sang de mon père, et de l’autre côté de la table, je voyais le corps de ma mère, un trou dans le ventre. Une tache de sang commençait à peine à se formait sous elle. Puis, je reportai mon attention sur mon ennemi.
Il me braquait de son arme, impassible, et je n’arrivais pas à bouger. Mon cerveau était embrumé, et je ne comprenais même pas ce qu’il se passait. La menace que le pistolet représentait créait à peine une petite alarme au fond de moi. Puis, il y eut un petit gémissement, et la table bascula.
Ma mère venait de se relever péniblement, et avait renversée la table sur notre agresseur, qui sous le choc, lâcha son arme. La main ensanglantée de ma génitrice attrapa mon bras, et me poussa vers la porte. Alors, mes jambes se mirent à courir, toute seule, sans presque que je m’en rende compte, sans même que je le veuille.
Je passai à côté de mon père sans que mes jambes daignent d’arrêter, mais je pus quand même tourner la tête, juste à temps pour voir la tête de ma mère pencher sur le côté, à moitié arrachée. Des bouts de dents, de crânes et de cervelle giclèrent sur le plafond et sur le sol, accompagnés d’une volée de gouttelettes de sang.

A ce moment, je n’étais déjà plus moi. Dans ce genre de situation, nous n’avons plus d’âge, nous n’avons plus de nom, nous n’avons plus rien. Juste des jambes pour courir, et des bras pour se défendre. Je n’avais plus de réalité. Pour moi, j’étais dans un monde cotonneux, sans aucune consistance. Mes larmes coulaient sans que je m’en rende compte. Et petit à petit que j’avançais, tout me douleur, tout ma terreur disparaissait. C’est comme si j’entrais dans un autre monde, que toutes les images s’effaçaient, que mes sentiments restaient derrière moi. Mon âme quittait déjà ce monde.
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